Les fortifications lyonnaises (1831 à 1893)


Le système Rohault de Fleury (1831-1860)

Le Fort de Bron s’inscrit dans l’Histoire des fortifications lyonnaises. Entre 1831 et 1860, un premier ensemble de fortifications est édifié de façon à faire de Lyon une puissante place forte. C’est le système Rohault de Fleury du nom du Maréchal de Camp puis Général, Directeur des fortifications de la place de Lyon (Voir sur la carte : fortifications lyonnaises 1832-1893 pour les emplacements de l’enceinte de Lyon et des forts détachés). Les vieilles enceintes seront restaurées et modernisées.Des forts détachés s’élèveront en avant des enceintes. Les travaux de terrassement débutent dès 1831. Ce chantier emploiera plus de 20 000 personnes. Les ouvrages respectent en général le tracé bastionné (alternance de courtines droites et de bastions en forme « d’as de pic » sur lesquels étaient disposés les canons de la défense). A noter qu’en dehors de l’artillerie placée sur les bastions hérités de Vauban, Rohauht de Fleury crée, pour les ouvrages construits entre 1831 et 1838, une deuxième crête d’artillerie sur une deuxième ligne de défense dominant la première, elle est appelée « cavalier ». Ce plan est abandonné pour les derniers ouvrages. Par exemple, le Fort de la Duchère montre un retour aux principes de fortification de Vauban.

Ces ouvrages fortifiés n’ont jamais eu à faire face à une armée étrangère. En revanche, ils ont joué un rôle dans la répression des révoltes des canuts en particulier en 1834 et 1848.

Le système Séré de Rivières (1874-1893)

En raison des avancées de l’urbanisation de Lyon et des progrès de la portée de l’artillerie, un nouveau projet est réalisé entre 1868 et 1870 par Raymond-Adolphe Séré de Rivières alors Colonel de Génie nommé Directeur des fortifications de la place de Lyon.

Lors de la guerre franco-prussienne, dès 1871, l’inefficacité du système de fortifications en vigueur est démontrée lors des attaques de l’artillerie prussienne sur les forts parisiens construits sur le modèle des forts lyonnais. En effet, la révolution industrielle a fait faire de tels progrès à l’artillerie (canon rayé, obus oblong …) que les forts de ce type ne peuvent résister.

Aprés le traité de Francfort, l e Comité de Défense crée en 1872 entreprend d’étudier les causes de la défaite et de revoir le système de défense de la France. Raymond-Adolphe Séré de Rivières devenu Général est nommé Directeur du service du Génie au Ministère de la Guerre. Il a pour mission de construire le nouveau système de défense qui portera son nom.

La défense de Lyon est l’une des priorités en raison des relations tendues avec l’Italie. Dès 1875 le programme de construction commence.

La fortification s’organise avec des forts isolés, séparés les uns des autres et éloignés de la ville d’une portée de canon. Le fort se conçoit comme un ensemble polygonal limitant les vides intérieurs autre que les circulations. Les bâtiments sont protégés par d’importants massifs de terre où est placée l’artillerie.

C’est ainsi que trois grands forts sont mis en chantier, celui de Feyzin au Sud, de Bron à l’Est et de Vancia au Nord. Les derniers sont plus éloignés de Lyon ( le fort de Meyzieu, construit en 1893 est à 14 km).(Voir la carte)

L’enceinte urbaine de 1884

La majorité des militaires sont plutôt hostiles à la réalisation  d’une enceinte de sureté venant compléter la ligne de défense des forts détachés, mais l’avantage pour la ville était surtout des raisons fiscales afin de permettre un meilleur rendement  de l’octroi (contributions indirectes perçues par la municipalité sur certaines marchandises).


Finalement une enceinte est réalisée de 1884 à 1887 (voir la carte).  Onze  portes avec des corps de gardes surveillent les passages routiers vers l’Est et le sud de Lyon (Voir la porte sur la route de Bron). La ville de Lyon abandonnant l’octroi dès 1901, l’enceinte n’aura plus d’intérêt. Aujourd’hui, on retrouve une grande partie du tracé  de cette enceinte en suivant le Boulevard Laurent Bonnevay (partie Est et Sud du Boulevard périphérique).