Le Fort de Bron dans le système « Séré de Rivières »

Le Fort de Bron est un maillon du nouveau système de défense mis en place par la France au début de la IIIème République. En effet, en 1871, la France vaincue signe avec l’Allemagne le traité de Francfort qui met fin à la guerre (1870-1871). Elle a perdu l’Alsace-Moselle et de nombreuses places fortes parmi lesquelles Metz, et Strasbourg, désormais occupées par les Allemands.

Le système fortifié Séré de Rivières aux frontières de la France  (Carte dessiné par André Chavanne d’après un plan du musée de UXEGENET)

Un Comité de Défense Nationale naît le 21 juillet 1872, avec un certain nombre de généraux parmi lesquels le général Séré de Rivières qui a pour tâche d’élaborer un nouveau système de défense.

  • Au Nord Est et à l’Est, la nouvelle frontière sans défense avec l’Empire Allemand entraine la nécessité pour la France de boucher cette brèche béante.
  • L’apparition d’une nouvelle artillerie, plus puissante, plus précise, d’une portée plus importante montre la nécessité d’une nouvelle ligne de défense.

Dans ce dispositif de défense, il faut fortifier Lyon, ville stratégique avec le statut de camp retranché, située au carrefour de routes et de voies ferrées importantes. Une ceinture de défense constituée de forts détachés occupant des positions dominantes et se protégeant mutuellement, repoussera plus loin les positions de l’assaillant pour les rendre hors de portée de la ville.

Le fort de Bron  est un exemple de ces nouveaux forts détachés autour de la place forte. Après le chantier du fort du Mont Verdun ouvert en 1874, le chantier du Fort de Bron en 1875 amorce la seconde ceinture des forts détachés de la place forte de Lyon. L’année suivante suivront les chantiers des forts de Vancia et de Feyzin.

Le rôle du fort de Bron est renforcé par ses deux batteries annexes (Parilly et Lessignas).

Le capitaine artilleur Perroux écrit en 1883 (« Etude sur le camp retranché / Direction -Artillerie Lyon « ) » : « Le fort maitrise la route de Grenoble. Son rôle est principalement d’empêcher l’ennemi de descendre et de s’avancer dans la plaine après s’être emparé des hauteurs de Décines à Corbas par Chassieu, Genas et Saint Priest »

Dans un immense effort, plus de 250 forts ou batteries, furent construits en moins de dix ans sur le territoire français.