Construction d’un Fort à Bron

Après la défaite de 1870, la France doit reconsidérer son système de défense. Elle doit tenir compte des nouvelles frontières de l’Est et des progrès de l’artillerie. En 1874, le général Séré de Rivières devient directeur du Service du Génie au ministère de la Guerre. Il est chargé de la construction d’une défense allant de Dunkerque à Nice. Ce nouveau système de défense va porter son nom.

C’est dans ce contexte qu’est construit le fort de Bron, un des ouvrages de la couronne de forts détachés qui assurent les défenses de la ville de Lyon.

Le chantier fonctionne de début 1875 à la fin 1877 date à laquelle le Fort est pratiquement terminé, sauf quelques aménagements qui seront réalisés dans les années suivantes. Des casemates et des plates-formes de tir sont prévues pour accueillir  64 « bouches à feu » de différents calibres dont 23 pièces sur les plateformes de canons (Voir doc. Du 15 octobre 1877).  Le fort est flanqué des batteries de Lessivas et de Parilly.

Le Fort de Bron passe en seconde ligne

 Devant les progrès de l’artillerie, le 15 octobre 1886, la direction du Génie décide de vérifier les dégâts infligés par les nouveaux obus à base de mélinite , un nouvel explosif, sur le fort de Malmaison dans l’Aisne. Les dégâts sont considérables, ce type de fortifications est donc devenu obsolète.

Le Fort de Bron ne peut plus jouer son rôle. Pour le canon « 155 », les obus en acier remplaçant la fonte permettent d’augmenter la portée de 8km à 12 km, ils sont remplis de 11 kg de mélinite au lieu de 2kg de poudre.  Les distances atteintes par l’artillerie et la puissance des obus entrainent  dès 1889, la décision d’ériger des forts plus loin de Lyon. Ainsi des Forts plus modernes sont construits sur les hauteurs de Meyzieu-Genas, de Saint-Priest.

Le Fort de Bron, partiellement désarmé, est alors affecté en seconde ligne. Il garde cependant son intérêt grâce à ses grandes capacités de stockage. Une cinquantaine d’hommes assurent la garde et l’entretien des lieux.

En 1900 le pont est modernisé par l’utilisation du béton armé (voir photo : à remarquer les tuiles de couverture disparues de nos jours)

Travaux en 1900 – le pont en béton armé (Source : bulletin « Le béton armé » numéro 35 avril 1901)

Les années suivantes, quelques compagnies de soldats s’y installent quelques mois comme en 1901 et 1908.  Néanmoins, intégré dans le système de défense de la Place de Lyon, le fort abrite le quartier général du 3e secteur de la zone Est du Rhône. Les postes de commandement installés à Genas, Corbas, et Vénissieux, sont reliés au Fort de Bron par  téléphone ou télégraphe.

Le Fort de Bron et le camp d’Aviation

Dès 1912, un centre d’aviation militaire s’est installé à proximité du Fort. En septembre 1914, une partie des effectifs du 2e groupe d’aviation, replié de Reims, loge au Fort. Celui-ci  abrite déjà les élèves mécaniciens et pilotes des écoles d’aviation. Cependant le Fort est progressivement désarmé, les pièces sont envoyées sur le front.

Après la fin de la guerre, le Fort reste propriété de l’Armée mais perdant son intérêt militaire, il se vide. Néanmoins, le 35ème régiment d’aviation y stocke encore du matériel et en assure la surveillance.

Le Fort pendant la seconde guerre mondiale

Au début de la seconde guerre mondiale, les batteries anti-aériennes implantées sur les hauteurs de Décines, Vaulx-en-Velin, Saint-Priest, Vénissieux et Parilly sont reliées par téléphone à l’État Major implanté dans le Fort.

Après l’armistice, le Fort abrite les services de commandement des batteries du 45ème Régiment d’Artillerie qui protègent l’aérodrome de Lyon-Bron.

Mais, le 27 novembre 1942, les forces d’occupation allemande s’emparent de la base aérienne et occupent le Fort. Elles installent des magasins et des ateliers et comblent le fossé côté Est pour réaliser une liaison  directe avec le terrain d’aviation tout proche.

Le 2 septembre 1944, le Fort redevient français. Au mois de novembre, les équipages des bombardiers alliés  de la 31e et 34e escadre de la II e brigade de bombardement s’installent au fort. Pendant un temps, des officiers allemands sont également maintenus prisonniers dans les locaux du Fort.

Le Fort de Bron vers une nouvelle vie

Après la guerre, le Fort perd son utilité, il finit par être déclassé le 8 juin 1963.

En 1975 La COURLY se porte acquéreur du Fort dans le but de construire des réservoirs d’eau pour alimenter l’est lyonnais.Le 23 septembre 1976, lors de la Commission Extra-Municipale d’Urbanisme (CEMU), la COURLY propose de transformer les fossés en décharge publique pour les gravats. Le projet finalement avorte. L’armée conserve toujours 6 hectares de bois incluant une partie des fossés. Plusieurs tentatives de négociation avec l’armée échouent. Finalement, en 1979, un accord est signé entre le maire de Bron André Sousi et le Premier ministre Raymond Barre, proposant l’achat du terrain litigieux (9 878 m2) par la commune.

Novembre 1981 un bail emphytéotique est signé entre la Courly et la Mairie.

 L’association du fort de Bron  nait en mars 1983. L’inauguration du parcours de santé autour du fort, au mois d’octobre est l’un des actes fondateurs.

Au cours de l’été 1985, dans des fossés nettoyés se déroulent les premiers spectacles.

La biennale de théâtre se renouvelle régulièrement jusqu’en 2013.

Le Fort de Bron sert également de décor à des tournages cinématographiques.

Son histoire continue avec l’organisation par les bénévoles de l’association de visites guidées et de « l’Exposition artisanale d’automne » qui rassemble une centaine d’artisans amateurs et professionnels.